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12/3/2011 Le Neuvon - La PDE - Plombières Les Dijon Exploration - Repérage balise
Auteur : Bruno CHAIX
Présents au fond : François Pornet, Thomas Binsse, Mathieu Claerbout, Matthieu Bossu, Laurent Garnier.
Et l'équipe de surface : Benjamin, Fréderic Pornet, Claude Humblot, Thierry Daloz, Béatrice, Bruno Balay, Robert Fourneaux, Jean-Louis Mérelle.

Quelques incertitudes résident après le dernier balisage du mois d'août 2010. Nous savons très bien où se situe le fond de la PDE par rapport à la salle Tomaths. (environ 1 mètre de distance horizontale), mais l'installation métallique au dessus et tout au long de la cavité a perturbé les mesures de profondeur. Nous ne savons donc pas quelle épaisseur, il nous reste à traverser.
Nous avons, ainsi, décidé d'y retourner le plus rapidement possible.

La météo est clémente depuis un certain nombre de semaines. C'est le bon moment : une perturbation arrive à grand pas.
Vendredi soir, nous treuillons les bouteilles devant le siphon. Nous serons 5 à participer à cette dernière (nous l'espérons tous) expédition de balisage.


Samedi matin - 7h30
Nous nous retrouvons nombreux devant la buse. Une partie de l'équipe de surface est là aussi.
Après une généreuse collation, et une minutieuse préparation, nous nous enfonçons dans la nuit permanente avec le reste de notre matériel de plongée et le nécessaire de balisage et de vidéo, sous l'oeil de la caméra de Benjamin. (Ce seront les dernières images prisent par notre regretté Benjamin...)


Le verrou liquide, promptement négocié, ne nous pose pas de problèmes du faite du nombre d'aller et retour que nous avons déjà fait l'année dernière.
Derrière, après avoir délesté nos kits, nous remontons d'un bon pas cette magnifique rivière taillée dans les calcaires à chailles.
Il est rare que nous soyons forcés de nous pencher pour progresser. Certains passages en diaclase font plus d'une quinzaine de mètres de haut. Un chaos de bloc nous force, tout de même, à faire un peu de contorsions et la chaine pour nous passer le matériel.


Il y a aussi la voûte mouillante, très bref passage où il faut s'immerger, les quelques bassins où la natation est de rigueur et bien évidemment, le tant redouté boyaux des billes.
Le plus pénible de ce parcours aquatique sont certainement les bassins peu profonds, troublés par notre passage et parsemés de lames de roches qui font bien mal aux tibias lorsqu'on a le malheur de les heurter. Les poses sont nombreuses mais courtes pour progresser ensemble.
Le dernier passage aquatique franchis, nous débouchons, par une pente glaiseuse dans la galerie de l'Enclume.
Là, nous troquons les néoprènes pour des combinaisons sèches.


Les jeunes sont pressés d'en conclure. Ils prennent les devant, nous laissent, François et moi, progresser à notre rythme. Nous en profitons pour admirer le paysage et faire un peu de géologie.
Cette galerie, que nous empruntons, se développe à sa base dans le sommet des calcaires à chailles et le reste dans l'oolite blanche. Nous progressons sur un sol tantôt argileux, tantôt parsemé de blocs.
Il y a très peu de concrétions mais les formes au sol sont particulièrement variées : fissures de dessiccations, vaguelettes sableuses, blocs d'argile anguleux, gourds secs.
Dans un virage, nous arrivons à la galerie de l'Oasis. J'en profite pour y faire quelques pas. Je la voyais moins volumineuse !! En continuant notre progression, nous admirons de magnifiques formes d'érosion comme des coupoles de plafond, la galerie de l'As de Pique.
A mis chemin du bivouac, nous montons légèrement car les chailles disparaissent nous laissant dans une superbe galerie rectiligne large d'une dizaine de mètres dont les parois sont particulièrement verticales sur une vingtaine de mètres de haut avec un plafond particulièrement lisse et plat qui laisse présager un changement géologique. Le comblanchien pointe le bout de son nez. Bref, un rectangle presque parfait malgré un sol chaotique.
Quelques acrobaties sur échelle plus tard, nous voici au bivouac.(altitude ce jour à l'altimètre: 335m !...). Une liaison TPS est faite, avec la surface, pour leur annoncer notre arrivée.


J'enfile rapidement mon baudrier et prépare le matériel vidéo. Je filme donc notre ascension dans la cheminée de la Cathédrale.
Le talus de déjections monte quasiment au plafond de la galerie. Une petite verticale de 6 m nous amène sur un deuxième talus d'argile et de blocs enchâssés. Nous partons donc sur la gauche pour éviter de passer sous un empilement de blocs et d'argile qui monte en direction de la cheminée tant convoitée.
Après avoir gravis cette pente d'une vingtaine de mètre, nous voici sur une plateforme à l'opposé et plus haut que le site d'escalade. Il faut donc effectuer une traversée descendante à main droite pour arriver environ 5m sous les derniers blocs coincés contre les parois de la cheminée.
Le point le plus critique est atteint.


Passage des blocs en équilibres en haut de la cheminée
Nous apercevons les pédales en arrière plan de l'équipe précédente.
A ce point précis de la montée, la vision de la cheminée est assez grandiose pour la région.
Il ne reste plus qu'à grimper à travers ce chaos. Nous comprenons désormais pourquoi l'équipe précédente avait fait le choix de tenter l'équipement en pleine paroi pour passer au dessus de ce dédale !!
Quelques mètres plus haut, au dessus des derniers blocs, nous progressons verticalement dans cette cheminée partiellement comblée d'argile et de cailloutis, pour prendre pied dans la salle Tomaths à l'altitude de 315 m.
La cheminée étant décalée par rapport à la galerie, à cette altitude, nous devrions certainement rencontrer une fracture car le plafond et les parois ne sont pas net : il y a des lames de roches et des fissures partout.


Les jeunes n'ont pas perdu de temps car Mathieu est en train de grimper pour poser la balise 6 m plus haut.
En prenant des mesures au télémètre, nous découvrons une petite cheminée. Celle-ci monte bien plus haut que le plafond de la salle. A cet endroit de la salle, la PDE doit déboucher 13 m plus haut que la balise.
(380-335)+6+13=64m. La puissance du comblanchien fait au maximum 70m.
A quelques mètres de là, en plein au dessus du cône de soutirage de la cheminée, la salle monte très certainement bien plus haut, nous apercevons un plafond bien plat annonçant certainement un nouveau changement de faciès : le calcaire tant attendu, la pierre de Dijon.
Après une nouvelle liaison TPS, nous abandonnons la balise et descendons à tour de rôle les différents tronçons de cette cheminée car des cailloutis et de l'argile tombent sans cesse sous nos pas.
Dans la Salle Tomaths


De retour au bivouac, le temps que la soupe chauffe, je me permets de retourner prendre quelques clichés de la splendide Salle de la Pérouse.
Il fait chaud sous les couvertures de survie, la " pitance " préparée par François est vite engloutie. Nous prenons tout de même le temps de boire un bon café avant de remballer et de prendre le chemin du retour.
Une rapide liaison TPS Indique à l'équipe de surface l'heure approximative de notre sortie.
Le rythme est différent de l'aller, moins attentif à la beauté du paysage, plus concentré. Voici donc la rivière, nous nous attendons régulièrement et surtout aux différents passages clefs. Voici donc le siphon. C'est reparti pour un tour. Il est vraiment trouble cette fois ci !!


Tout le monde est dehors à 20h sauf Mamatth qui n'a que le temps de sortir la tête de la buse.
Le moral de l'équipe de surface est bien morose... Nous sommes assaillis de questions.
Le verdict tombe !!! Il reste 11 mètres à creuser !!!!!
Ce résultat ne tient pas compte de la nouvelle petite cheminée, ni du plafond aperçu plus loin.
Aussitôt, les visages se dérident, se détendent, les sourires reviennent malgré la pluie battante.

Laurent





Ci dessous le CR vu depuis la surface


Photo d'archive du 22/8/2010
Après avoir laissé notre équipe de fond à 8h45 et attendu encore une demi heure par sécurité, nous rejoignons rapidement la PDE à 9h30 par la combe pour installer le TPS de surface. Cette installation est désormais bien rodée. Nous avons le temps car nous les attendons guère avant 4 heures de temps, soit environ vers les 13 h estimées. Les antennes sont installés sur le bord du champ labouré plus facile pour nous pour les enterrer. Un rapide test nous permet de constater que le raccordement est correct. puis c'est la longue attente.
Nous employons ce temps pour remesurer avec précision les points de profondeur de chaque mesure à effectuer. En effet les derniers tests de cette nouvelle balise nous montrent une bien plus grande précision. il est donc nécessaire de connaitre avec précision, aussi, les paramètres précis des points de mesures. Quatres points ont été ainsi mesurés, -18,25 m, -21,70 m, -24,80 m et 31,05 m.


L'heure approche... Nous décidons de nous mettre à l'écoute une demi heure avant l'heure estimée d'arrivée en ce basant sur le précédente traversée l'année dernière.
C'est ainsi qu'à 12h30 nous allumons le TPS et faisont un appel. Notre surprise est grande d'avoir immédiatement une réponse du genre " Alors, qu'est ce que vous fouté, ça fait un quart d'heure qu'on vous appelle !..."
Ils ont en effet été à une vitesse bien plus grande que l'on imaginait. Nous sommes bien entendu heureux qu'ils soient arrivés et désolé de ne pas avoir été plus tôt à l'écoute. Entre l'entrée dans la buse et l'arrivée à la cathédrale, il s'est écoulé environ 3h30. C'est bien entendu l'équipe des jeunes constitués de Thomas, Matthieu Bossu et Mathieu Claerbout qui arrivent les premiers.
Pendant que l'équipe de fond commence l'ascension de la cathédrale, nous prenons notre casse croute de midi.
Photo d'archive du 22/8/2010


Photo d'archive du 22/8/2010
A 13h43, c'est à dire une heure et 13 mn plus tard la balise est en place et prête à être localisée. En surface nous étions déjà prêt et aussitôt nous disparaissons dans la PDE.

Chaque point est méticuleusement mesuré. Mesure de l'azimut pour la position en XY et mesure du site pour la détermination du Z. Cette dernière étant la profondeur de la balise.

Pendant ce temps l'équipe de fond renseigne l'équipe de surface sur leurs mesures.

Voici le texte qui a été noté en surface à 14 h
Balise plafond : 8,70 m
Balise fond de cheminée : 13,39 m (cheminée de la cathédrale ?)
Balise plein ouest plafond : 7,50 m
Horizontal balise : 3 m
Balise plein ouest horizontal : 3 m

Une fois toute les mesures prises nous nous installons dans la caravane et nous rentrons toutes ces données dans l'ordinateur dans un programme Excel préparé à l'avance.


Et là, le verdict tombe !... Il nous resterait à creuser en moyenne 11,65 m ! soit au minimum 2 ans à creuser, mais c'était sans connaître la fin de l'histoire......
Le moral n'a jamais été aussi bas. Nous avons beau tourner et retourner les chiffres dans tout les sens , il n'y a pas d'erreur...sauf que...
Déjà nous cherchons à savoir comment on va s'en sortir pour creuser un puit vertical de presque 20 m de profondeur !... certes nous avons déjà fait 35 m de profondeur, mais c'était en oblique. Nous ouvrons une bonne bouteille de rouge pour noyer notre chagrin.
C'est avec un enthousiasme dans les baskets que nous rangeons le matériel pour ensuite redescendre, penaud, accueillir nos plongeurs.
Nous convenons d'attendre que toute l'équipe au complet soit sortie de la buse pour leur apprendre la triste nouvelle.
11,65 m
encore à
creuser ?..


Photo d'archive du 22/8/2010
C'est à 20 h que l'équipe est entièrement sortie. Mes copains me chargent de leur apprendre la triste nouvelle, sympa les gars !...

Et d'une voix tremblante, ma première question sera " Vous êtes sùr de ne pas avoir fait d'erreur sur vos mesures ?... c'est important !..."
La réponse sera " Non, non, on est sùr de nos mesures...."
JLouis: "Vous dites 8,70 m sous le plafond, c'est bien ça ?"
L'équipe :"Oui, oui c'est bien ça, sous le plafond. " et rajoute " Et 13,39 m dans la petite cheminée .."
JLouis "Quelle cheminée ?"
L'équipe " Et bien la cheminée qu'il y a dans le plafond de la salle !"
JLouis " Attendez déconnez pas c'est important ce que vous dites !"
L'équipe "On déconne pas..."
Et Claude de rajouter " Et bien tu vois Jean-Louis, ça s'arrange !...."
JLouis : " Vous êtes sùr de vous c'est pas une blague ?"
L'équipe " Ben non, c'est vrai !....puisqu'on te le dit !..."


Un grand OUF ! de soulagement parcoure toute l'équipe de surface qui s'attendait à bien pire... tout les espoirs de percer cette année sont permis.
De plus Laurent précise que le plafond est extrémement fissuré et que certainement la cheminée ou les fissures remontent bien plus haut que mesuré.
Cela toute vraisemblance ces fissures remontent au sommet du Comblanchien. A la PDE le comblanchien est estimé à 2,30 m sous nos pieds...

Nous terminons de ranger le matériel que nous ramenons au loft.

Cette journée se termine tout de même avec un bel espoir de percer pour cette année.

JLouis

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